MIXTURE RISING

12 août 2015 - hitsukun

Non, ce n’était pas mieux avant

S’il y a bien une phrase que l’on entend souvent à propos des mangas publiés en France qui m’horripile, c’est le fameux « c’était mieux avant« .

Bien sûr, on retrouve cette réflexion dans tous les loisirs (cinéma, jeux vidéo, musique japonaise et sans doute aussi dans la taxidermie ou la philatélie), mais pour les mangas j’ai vraiment du mal à comprendre.

Les goûts changent, la lassitude s’installe, il faut parfois admettre que ce n’était peut être qu’une passade. Pas besoin d’adopter cette posture, être blasé ne rend pas plus cool ou plus légitime. Je vous vois venir, être passionné ne signifie pas non plus tout aimer, tout accepter, mais il faut avouer que malgré la nostalgie le passé est, avec du recul, pas très alléchant.

L’offre n’a jamais été aussi diversifiée que maintenant : shonen, shojo, seinen, josei (bon, pour ce dernier, c’est pas vraiment le cas car le genre ne fonctionne pas commercialement chez nous…); aventure, tranche de vie, social, thriller, romance, horreur, érotique… On entend très souvent que les rayons sont saturés. Et on n’aurait jamais pu voir des oeuvres comme Bonne nuit Punpun ou A Silent Voice dans les rayons des années 90. Et le yaoi ? Tonkam avait tenté le coup avec des séries plutôt cultes (Kizuna, Zetsuai 1989), mais sans succès.

Car quand je parcours les anciens catalogues ou la liste à la fin des vieux mangas Glénat, j’ai l’impression que la bédé japonaise se résumait aux shonen type Dragon Ball, aux séries du Club Do’, au cyberpunk (de plus en plus rare, dommage pour les fans), le post apocalyptique et un peu d’heroic fantasy. Et même du hentai. Le tout avec beaucoup de violence, de combats, d’armes et d’hémoglobine. Il fallait bien un point de départ, une brèche dans laquelle s’engouffrer. C’était le début, avec beaucoup moins de moyen.

La réputation des mangas n’était pas usurpée, ces affreuses bandes (mal) dessinées nippones en noir et blanc remplies de guerres et de sexe. La bande annonce Manga video définie plutôt bien l’image que j’ai de cette époque. Enchaînement épileptique de scènes ultra gores sur fond de Sepultura, clôturé par un hurlement « Mangaaaaaaaaaaaaaaaa« . Totalement edgy. On ne faisait pas du tout dans la finesse, j’ai du mal à réaliser que l’on vendait ça à des enfants. Après tout, les images d’oeuvres hentai étaient affichées sans retenu dans les magazines de jeux vidéo (Player One, etc. -mes premières rencontres hors Club Do’ avec les mangas-). Je me rappelle aussi des bimbos sexy de Masamune Shirow en couverture…

 

Par la suite, j’ai en tête GTO et Nana qui ont réussi à amorcer des publications plus « social », moins violente et moins trash (j’aurais pu citer Taniguchi mais son public a depuis longtemps largement dépassé le cercle des simples fans de mangas). Et le marché s’est amplifié, de nouveaux éditeurs sont arrivés, proposant toujours plus de nouveautés, certains adoptant même une ligne éditoriale sortant de l’ordinaire, moins commerciale et plus artistique (Le Lézard Noir, IMHO, etc.)…

#MixtureRising

Manga

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